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Thèmes
La gestion du temps
Le désencombrement matériel
Allègement de mode de transport
Passage de la voiture au vélo
Ce partage d'expérience se veut surtout un témoignage destiné aux personnes ayant des préjugés tenaces à l'égard du vélo.
Du temps de ma voiture :
Ce n'est que tardivement, à 30 ans, que j'ai appris à conduire en voiture ; le délai important précédant cette résolution ne fait que trahir mon scepticisme de toujours à l'égard de l'engin motorisé : cette décision de conduire et l'achat d'un véhicule d'occasion ont été motivés par le classique mélange de pressions sociales du type « Voiture = marque d'indépendance, de liberté,… », mais aussi par une
volonté de vérifier.
J'ai en effet depuis longtemps adopté une certaine distance et une méfiance à l'égard des comportements de masse ; un sketch d'un Raymond Devos de la belle époque exprime à cet égard remarquablement la fascination et l'effet d'entraînement que l'on peut éprouver :
« Alors qu'il se promenait comme il en avait coutume de le faire, ce dernier remarqua une personne en train de courir dans une direction... puis il en vit une autre, puis encore une autre faisant de même. Bref, il se rendit vite compte que toute personne qu'il lui était possible de voir était occupée à prendre les jambes à son cou. Le sentiment d'urgence que confère un tel spectacle le gagna, au point qu'il se mit lui-même à courir... sans savoir ni pourquoi, ni où il allait ! ».
Belle métaphore de l'absurdité de la société moderne où le comportement uniformisé et conformiste, quand bien même délirant, du plus grand nombre fait force de loi par effet d'entraînement de la minorité non encore « contaminée ».
Cette métaphore a toujours été présente à mon esprit, de sorte que lorsque j'éprouve une forte influence des masses et des contraintes sociales qui me poussent à agir « comme les autres » alors qu'il me semble ne pas en avoir l'envie, il m'arrive parfois de le faire quand même (voiture ; vacances en France ; ...), mais dans une attitude de vérification (bien plus que de soumission) : et si, par hasard, c'était le plus grand nombre qui avait raison dans leur mode stéréotypé d'actions, et moi, ne faisant pas comme eux, qui avais tort en étant en proie à une inhibition quelconque...
Ce besoin de vérifier en réponse au doute que suscite parfois la confrontation avec nombre de gens se comportant de façon si homogène et étrangère à ma manière de faire a toujours abouti au constat que lorsque je prends la peine de les imiter durant une période significative, je me sens mal en n'arrivant pas à m'adapter à leurs pratiques et à y trouver du sens..., ce qui ne fait que me conforter dans l'idée que je dois suivre mes intuitions premières et « résister », c'est-à-dire participer le moins possible au processus d'homogénéisation des attitudes et de dénaturation des êtres.
Tout cela pour dire qu'au bout de quelques années de pratique automobile, j'ai fait le tour de la question en haïssant toujours autant les autoroutes et en considérant que toute une voiture, même petite et d'occasion, était bien trop pour ma petite personne.
Passage au vélo :
Dire pour autant que le choix du vélo se soit imposé comme une évidence est un raccourci incorrect qui, surtout, me priverait de témoigner d'un revirement inattendu, me concernant.
Je ne me serais en effet jamais imaginé rouler assidûment à vélo à partir de 39 ans, alors que cela devait bien faire plus de 20 ans que je n'en avais plus pratiqué et que je n'avais pas gardé un excellent souvenir de cette ancienne pratique non plus (je ne me souviens pas en avoir éprouvé du plaisir)...
Il a donc fallu qu'un
concours de circonstances particulier m'oriente dans cette direction improbable : l'événement déclencheur a été la découverte de l'
Oasis du Ginkgo et de son potager collectif situé au nord de Braine-l'Alleud, du côté des Sept Fontaines, à 18 km de là où je réside !
Assez paradoxalement, en effet, c'est l'éloignement même de ce lieu où je souhaitais aller régulièrement (1 fois/sem) y travailler en tant que membre de l'asbl qui a contribué à l'abandon de ma voiture au profit d'un vélo : il m'était insupportablement contradictoire de consommer du carburant (et donc polluer)... pour aller cultiver bio. Qui plus est, les premières fois où j'ai effectué le trajet en voiture m'ont révélé de beaux paysages et la présence de pistes cyclables sur l'essentiel du parcours. Ajoutez encore le coût du carburant et la possibilité d'obtenir une double prime Bruxell'air (moyennant la destruction du véhicule), et vous avez presque tous les ingrédients qui m'ont convaincu de faire le pas.
Il en reste en effet encore un, et non des moindres : ma motivation à être membre de ce qui s'avère être une des « oasis en tous lieux » fondées par Pierre Rabhi dont le but est de permettre aux citadins qui ne possèdent pas de lopins de terre cultivables de résister à la mesure de leurs moyens contre l'agro-industrie en se mettant à cultiver collectivement bio dans ce type de potager.
Sans cette motivation supplémentaire, riche de sens et de profondeur, il est très possible que j'aurais tout simplement renoncé à m'y rendre (et de m'y faire membre) et continué à rouler en voiture 2-3 ans de plus... sans peut-être ne jamais plus me laisser tenter par le vélo !
Bien que j'évite toujours, autant que faire se peut, de rouler à vélo en ville durant la semaine,
la pratique du vélo s'est révélée très agréable dans les autres circonstances en autorisant un contact de grande proximité avec la nature, dans une vérité qui nécessite une certaine lenteur de progression : faire mes courses en vélo est rapidement devenu un plaisir et le trajet vers l'oasis une sorte de rite initiatique renouvelé dont le passage m'octroie le privilège d'y travailler la terre. Par Christian S.
L'hospitalité
L'éco-consommation
L'électricité : Partage d'expériences
Expérience 1
L'électricité constitue chez moi un poste de consommation où le chemin qui me reste à accomplir est encore long.
Cependant, outre le remplacement d'une seule ampoule à incandescence par une ampoule économique dans un endroit stratégique - la cuisine, très utilisée, dont l'éclairage permet aussi un faible éclairage de mon living (insuffisant pour y lire) - je souhaite surtout
partager le mystère d'une petite expérience vécue, initiée par une coïncidence d'événements déclencheurs de l'imagination d'une solution globale pour l'éclairage du living.
Cela faisait depuis longtemps que je n'avais plus nettoyé les vitres de mon living, côté façade de mon appartement, lorsque je décidai, l'automne dernier, de mettre fin à cette situation : le plaisir que procure la transparence retrouvée des vitres me donna l'envie de laisser une portion de leur surface non recouverte par les voiles.
Cette situation nouvelle a été maintenue pendant des mois, alors qu'entre-temps un autre événement eut lieu : la partie « ampoule destinée à la lecture » de la lampe halogène du living (dont la source lumineuse principale, d'ambiance, n'était déjà quasi plus utilisée car substituée par l'éclairage plus économe de la cuisine) a fini par rendre l'âme... C'était apparemment la saison puisque mon percolateur venait de faire de même (court-circuit).
Assez curieusement, ces deux morts technologiques ont
suscité en moi un mécontentement ayant abouti à une décision similaire : le refus de remplacement du matériel endommagé.
Pour ce qui concerne le perco, il était encore possible de lui donner une seconde vie en faisant préalablement bouillir l'eau sur la cuisinière à gaz ; ce que je fais depuis lors.
Ma résistance à la logique de remplacement de l'ampoule grillée, quant à elle, me plaça momentanément dans la situation inconfortable où, l'obscurité hivernale venant de plus en plus tôt, je lisais à chaque fois quelques minutes supplémentaires dans la pénombre que permettait encore la part, non recouverte par les voiles, des vitres nouvellement redevenues translucides.
Cette situation ne pouvait plus durer en tant que telle puisque cette épreuve de la pénombre n'était pas idéale pour mes yeux. C'est alors que
l'association d'idées « lecture - pénombre - vitre non voilée - partie du mur mitoyen du living éclairée par l'éclairage public »
suscita ma curiosité : que se passe-t-il si, alors que la nuit tombe, je rapproche mon fauteuil de la baie vitrée, dégage encore davantage le voilage de cette dernière et me place dans le faisceau de l'éclairage public qui se projetait sur le mur ?
Et bien,
il se passe tout simplement un petit miracle :
l'éclairage public de ma rue est suffisant que pour me permettre de prolonger une lecture aisée !
Il résulte de tout ce qui précède que ma lampe halogène n'est plus qu'un objet, débranché, parmi d'autres, dont je n'exclus cependant pas l'utilisation exceptionnelle (éclairage d'ambiance au plus faible niveau) au cas où la réception d'invités le nécessiterait. Et cela, seule la volonté de refuser le gaspillage associé au remplacement successif de matériel l'a rendu possible. Par Christian S.
Expérience suivante
L'eau : Partage d'expériences
Expérience 1
Une de mes expériences de réduction de consommation les plus abouties consiste en la manière dont j'utilise l'eau : j'en suis à ne plus consommer que 22 litres/jour en moyenne (année 2007) ; soit un peu plus de la moitié de la quantité nécessaire (40 l), ou décrétée comme telle lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, pour qu'un individu assure quotidiennement ses besoins vitaux (alimentaires, boisson comprise, hygiéniques et sanitaires). Cela signifie aussi que je consomme en eau, le cinquième de la consommation du Belge moyen, alors que j'utilise encore la chasse d'eau de mon WC, ne dispose pas de réservoir d'eau de pluie... et bois mon eau du robinet.
Comme je l'expliquerai plus bas, il ne s'agit aucunement d'une volonté de recherche de record, mais tout simplement de l'intégration et de l'application d'un mode de pensée qui diffère de celui ambiant dans notre société : le chiffre ne vient qu'après, bien en aval, en tant que conséquence ultime d'un processus de réflexion, venant confirmer que cette dernière faisait sens, un peu comme une cerise sur le gâteau. D'ailleurs, si « performance » il y avait, ce ne serait jamais qu'au sein du petit monde protégé des nantis industrialisés : que l'on songe par exemple au Kenya où le citoyen moyen doit se contenter d'environ 5 litres/jour...
Voici un compte-rendu des principales phases ou étapes de l'élaboration de ce mode, ainsi que de mes comportements qui en ont découlé.
Depuis des années, je n'éprouvais le besoin de nettoyer mon appartement que lorsque cela s'en faisait vraiment sentir (apparition de taches sucrées ou graisseuses empêchant le balayage aisé et routinier du sol) et non en appliquant un calendrier plus ou moins strict (toutes les 2 semaines, p.ex.) : il y avait déjà une absence totale de pratique de l'hygiénisme dont j'ai appris plus tard, avec satisfaction et soulagement (je n'étais donc peut-être pas si fou que cela), qu'elle favorise la sélection de populations bactériennes plus résistantes et virulentes.
Du temps où j'avais encore ma petite voiture, j'appliquais un des préceptes du prêt-à-penser écologique «
l'utilisation d'un seau d'eau pour la nettoyer de temps en temps » jusqu'au jour, survenu qu'un an (hélas !) avant que je décide de m'en séparer définitivement, où l'imagination et le refus de me conformer automatiquement aux schémas établis m'ont permis de comprendre que, dans un pays pluvieux comme le nôtre, il suffisait tout simpement d'attendre (dès que la saleté devenait trop apparente) la prochaine drache pour aller la nettoyer sous la pluie, sans se compliquer la vie avec des produits d'entretien : il pleut... vite je fonce mettre un anorak et prends le matériel de base (éponges, raclette).
Comme bien souvent dans ces cas-là,
lorsque l'on quitte les sentiers battus, on peut être très surpris du caractère jouissif de l'expérience au moment où on la vit : contre toute attente (ou idée reçue), c'est effectivement très agréable de nettoyer une voiture sous la pluie... probablement parce qu'il y a là le sentiment très puissant que, par cet acte libre sortant de l'ordinaire, on se retrouve plus en harmonie et en contact avec la nature que l'on écoute et à laquelle on prend la peine de s'adapter.
Mais c'est surtout l'observation des comportements de nos concitoyens (gens quittant le supermarché avec des bacs d'eaux en bouteilles ; professeur qui enseigne dans le domaine de l'environnement osant affirmer que « le fait d'avoir la possibilité de se laver 2 x par jour est un acquis (c.-à-d. un progrès) de la société occidentale » ; ...) qui a été une source de motivation et d'inspiration à penser, puis agir, différemment.
Un travail de fin d'études sur l'eau du robinet concurrencée en tant que boisson par les eaux embouteillées, dans lequel j'ai été amené à étudier les cycles naturel et anthropique de l'eau en Wallonie et à Bruxelles, m'a conforté dans l'idée que, contrairement à la réflexion de ce professeur, nos modes de consommation en eau sont tout bonnement indécents en regard des niveaux de consommation dans les pays du Sud : j'ai, à ce propos, gardé en mémoire le point de vue d'un Touareg (de passage en Occident) sur la question, évoqué dans un documentaire.
Depuis lors, ma perception de l'eau du robinet a complètement changé. Bien que l'ouverture du robinet permette à l'eau de couler à flots dans nos régions industrialisées, il s'agit surtout d'une illusion et il était devenu évident que c'est le Touareg qui avait tout à fait raison :
l'eau est un bien précieux qu'il convient d'utiliser comme tel, c'est-à-dire avec parcimonie, dans tous nos actes quotidiens, quel que soit le lieu où l'on se trouve.
C'est précisément l'adoption permanente de ce précepte, que j'ai fait mien, qui m'a permis d'arriver là où j'en suis en éco-consommation d'eau (je ne prétends pas pour autant rester toujours à ce niveau, étant conscient que des fluctuations surviennent et dépendent étroitement de notre situation personnelle qui elle-même évolue) ; non la recherche d'un quelconque défi, d'un record à battre ou d'un chiffre à atteindre.
Contrairement à une autre idée reçue,
cela ne demande pas d'efforts d'éco-consommer... à moins justement de vouloir appliquer une liste prémâchée d'actes d'éco-consommation sans réflexion propre, sans changer de lunettes (ou de mode de perception) !
Ainsi, le
principe des ablutions m'est apparu une évidence pour me laver : s'inspirer de pratiques de pays du Sud m'a permis à nouveau de sortir du sempiternel prêt-à-penser écologique qui veut que, pour se laver quotidiennement, «
il soit préférable de prendre une douche plutôt qu'un bain ».
Enfin, par rapport à mon niveau de consommation nettement en dessous du minimum préconisé à Rio, il pourrait
a priori légitimement être craint que des problèmes sanitaires et d'hygiène soient rencontrés par moi, compte tenu de la définition même de ce minimum. Si tel était le cas, on devrait s'attendre à ce que je tombe plus souvent malade : or, cela fait aussi depuis plus de 4 ans que je ne prends plus le moindre médicament (pas même de l'aspirine) et ne consulte plus de médecin.
Je terminerais en précisant que je ne sous-entends nullement que ce niveau de consommation soit celui qui devrait être adopté par tout le monde (tant mieux, bien sûr, si cela pouvait être le cas) ; je souhaite plus fondamentalement, par le partage de mon expérience et celui d'autres personnes, que
l'Occidental moyen en général, le Belge moyen en particulier, comprenne non seulement qu'il est tout à fait possible de réduire drastiquement son niveau de consommation - le niveau de 40 l/jr me semble tout à fait accessible, quelle que soit sa situation personnelle, et ne s'expose à aucune polémique - mais aussi que, contre toute attente, pourvu que cette réduction s'accompagne d'une réflexion, d'un changement de mode de pensée, cela ne demande pas d'effort particulier et devient au contraire une évidence qui se réalise dans une joie renouvelée d'imaginer des solutions, non stéréotypées, qui soient adaptées à sa situation propre. Il s'agit donc aussi d'une
invitation à l'expérimentation... nourriture de la pensée, qui sera elle-même génératrice d'une action originale prochaine.
Bien que cela ne concerne que partiellement la consommation d'eau, je voudrais encore ajouter que la lecture de bons livres et le visionnement de bons reportages ou documentaires, tels que celui où intervenait le Touareg évoqué,
permettent notamment d'éviter la pratique du tourisme et d'en supprimer le sentiment de nécessité, et concourent à l'initiation de nouveaux comportements. Ainsi, par ma pratique d'éco-consommation poussée en eau, en particulier celle des ablutions,
je me sens étroitement connecté avec les populations autochtones lointaines, telles que celle de Touareg, et n'éprouve dès lors pas le besoin d'aller les visiter comme on irait visiter un zoo, juste celui de bien leur foutre la paix et de voyager... dans mon imaginaire. D'une pierre, deux coups : la pratique d'un comportement d'éco-consommation peut en faire naître d'autres... sans le moindre effort, sans la moindre recherche d'autodiscipline. Par Christian S.
Expérience suivante
Autour de la SV
Réflexions
Dynamique de chgt -> Ecologie : La SV suffit-elle ?
[
Dynamique de changement --> Ecologie : La démarche de SV suffit-elle ?]
Introduction : Point de vue supposé de la SV
Par cette introduction, je souhaite faire part de ce que je comprends de la manière dont la SV envisage l’extension du nombre de ses adhérents, sur base non seulement de ce que j’ai pu entendre à leur contact mais aussi des précieux documents mis à disposition sur le site Internet des Amis de la Terre (Belgique) : ce compte-rendu ne prétend dès lors pas à une parfaite objectivité.
La SV, qu’elle s’accompagne ou non de réunions en groupe de soutien, se veut avant tout une démarche individuelle visant la progression de la personne qui y adhère dans le cheminement « éco-spirituel » qui lui est associé, sans volonté explicite de convaincre autrui de faire de même.
Tout au plus est-il sous-entendu, supposé ou espéré que, par la progression du pratiquant dans cette démarche, ce dernier acquière une sorte de savoir-faire et une manière d’être qui soient telles que les personnes que ses activités amènent à côtoyer soient « favorablement influencées » (eu égard à la SV) à son contact : il s’agit du « rayonnement » de l’adepte, qui serait ainsi susceptible d’irradier ces personnes de façon implicite, sans avoir à les sensibiliser ostensiblement.
L’espoir serait donc qu’une sorte de « réaction en chaîne modérée » s’amorce de façon tout à fait naturelle, spontanée, auto-organisée (c’est-à-dire sans planification préalable), et contribue ainsi à l’élévation du nombre d’adhérents : à noter qu’ici, Mr ou Mme Tout-le-monde est susceptible de « se convertir » en nouvel adhérent par le biais du contact avec l’exemple que constitue « l’adepte rayonnant ».
L’existence de conférences sur la SV, données par un « théoricien - praticien » confirmé, indique à quel point le souhait de voir le nombre d’adhérents augmenter est cependant bien réel dans « l’esprit de la SV » : dans ce cas, les gens qui y assistent et qui vont être convaincus par la SV - en quelque sorte « recrutés » par le conférencier - étaient forcément déjà intéressés par ce genre de démarche et, pour certains, la pratiquaient déjà sans le savoir, sans quoi ils ne seraient pas venus à la conférence. Il s’agirait ici, en effet, davantage de « recrutement soft » que de conversion, dans la mesure où l’intérêt préexistait au sein du public présent et où c’est la perspective d’augmenter l’efficacité de leur pratique et d’ouvrir leur champ d’actions possibles (par le biais de constitution de groupes de soutien) qui motive le conférencier.
Quoi qu’il en soit, quel que soit le mode d’amplification de la pratique de la SV (plutôt de type « conversion par l’exemple », ou bien plutôt de type « recrutement soft »), c’est bien une amplification, notamment du nombre d’adhérents, qui est souhaitée par ces derniers dans la perspective que cette progression de la SV conduise
in fine à une société meilleure (empreinte de spiritualité, respectant et vivant en harmonie avec la nature, plus juste et solidaire, …), mais où l’adhésion grandissante espérée au sein de la population doit venir de décisions librement prises par les individus qui la composent, sans avoir été obtenue « par la force des arguments », sans avoir cherché à les convaincre ; seules une attitude de retenue (discrétion se retrouvant jusque dans la relative fermeture des groupes de soutien), la suggestion implicite que constituent l’exemple ou le contexte d’une conférence, et l’invitation à expérimenter (afin qu’ils se rendent compte par eux-mêmes) seraient de mise.
Il y aurait également quelque chose de presque vulgaire et, surtout, de contreproductif à vouloir convaincre.
Ce sont ces constats qui m’ont amené au questionnement du titre et au développement qui va suivre.
Deux logiques : SV <-> Urgence écologique
[
Confrontation de 2 logiques : SV <--> Urgence écologique]
Logique liée à la SV :
D’un premier abord, même si l’on pourrait y voir un zeste d’hypocrisie ou de contradiction (d’un côté, on désire ardemment voir le nombre d’adhérents augmenter, mais de l’autre, il faudrait que cette élévation se produise « d’elle-même, naturellement »), cette approche de la SV semble parfaitement noble et louable, et moralement très exigeante. D’un mot, elle m’évoque la situation du vieux sage, pétri d’une indéfectible confiance en soi et en l’Humanité ainsi que d’une forte sécurité intérieure, qui fait ce qu’il a à faire, imperturbablement, quelles que soient la situation, l’éventuelle agitation environnante, l’éventuelle hostilité manifestée à son égard, sans chercher à modifier le comportement d’autrui.
« Bravo ! Chapeau bas »… Que dire de plus ?
Elle donne envie d’y adhérer, et je dois dire que j’y crois dans une certaine mesure, même en termes de processus capable d’amplification, en étant cependant plus partagé quant à la critique portant sur la volonté de convaincre. Par ma modeste pratique de la SV, il m’est d’ailleurs arrivé d’adopter cette attitude de retenue, notamment en pratiquant le vélo (pour me rendre à un potager collectif relativement éloigné de Bruxelles, alors que les autres membres s’y rendent en voiture [voir le compte-rendu de mon expérience d’abandon de la voiture au profit du vélo dans la rubrique « Désencombrement matériel »]), parce que je sens que cette retenue et le comportement particulier que j’adopte sont en eux-mêmes plus parlants que si je tenais un discours démonstratif, justifiant ce comportement et cherchant à convaincre autrui. Et cette attitude semble d’ailleurs porter quelques fruits en termes de changement de perception des choses, allant même, dans le chef de certains de ces membres, pour reprendre l’exemple du vélo, jusqu’à des velléités de faire pareil.
Logique liée à l’urgence écologique :
D’un autre point de vue, plus axé sur la réalité de la situation du monde qui nous entoure (en particulier, la situation environnementale et ses conséquences probables),
une envie presque irrépressible de hurler m’habite.
Comment, en effet, dans le contexte sans précédent (voir le rappel de l’urgence écologique, ci-dessous) que nous connaissons actuellement, devant une hypocrisie sans borne des politiques et des pouvoirs publics et la frilosité maladive des associations environnementales, pourrait-on « se contenter » de poursuivre un cheminement propre en matière de SV, dans une relative discrétion, un quasi anonymat ?
Ne faudrait-il pas, au contraire, frapper du poing sur la table et secouer les gens qui nous entourent et nous semblent à ce point conditionnés et anesthésiés par le confort matériel et la fausse sécurité dans lesquels ils se sont laissés enfermer, qu’ils continuent à adopter les comportements attendus par l’idéologie dominante… malgré ce qu’ils ne peuvent plus feindre d’encore ignorer ?
Se contenter d’une pratique de la SV, n’est-ce pas se mettre des œillères et participer à l’absurdité qui consisterait à « attendre patiemment » de la part de délinquants, piégés dans une addiction aux drogues dures, qu’ils parviennent d’eux-mêmes à effectuer leur sevrage ?
Une telle attitude est-elle bien raisonnable lorsque l’on connaît la brièveté des échéances environnementales et lorsqu’on devine qu’une telle inertie des populations occidentales conduit l’Humanité tout droit dans le mur ?
Pire, n’y aurait-il pas carrément
du cynisme dans le chef des « idéologues praticiens » ou adeptes de la SV, si « zen » en apparence ? Cynisme du type «
Ils finiront bien par venir à nous… » qui consiste en « l’attente patiente » que l’inflation explose (suite à l’atteinte prochaine du
peak oil : voir explications ci-dessous) et/ou que les conditions environnementales se dégradent encore davantage jusqu’à atteindre un seuil en deçà duquel la détérioration palpable de tout ce qui nous entoure créerait auprès de tout un chacun un inconfort insupportable, de sorte que l’un ou l’autre de ces facteurs entraînerait, pensent-ils,
un cercle vertueux de ralliement à la pratique de la SV ou de l’éco-consommation.
Afin d’essayer de lever ce dilemme, il peut, justement, être utile de rappeler brièvement quelles sont les principales conséquences des dégradations environnementales pesant sur l’avenir de l’Humanité.
Urgence écologique : rappel succinct
Les dégradations environnementales, en ce compris les déforestations massives et les effets du réchauffement climatique, sont responsables de ce que nous sommes non seulement occupés à vivre le 6ème épisode d’extinction massive d’espèces, mais dont la vitesse d’extinction est elle-même de 2 à 3 ordres de grandeur plus élevée que les précédentes (bref, environ 1000 fois plus rapide) : d’ici la fin du 21ème siècle, 30% des espèces actuellement vivantes pourraient avoir disparu.
Les venues régulières de réfugiés aux portes de l’Europe qui suscitent déjà « émoi et perturbations » ne sont que quelques gouttes en comparaison des réfugiés climatiques qui nous attendent demain.
Malgré le succès retentissant du film «
Une vérité qui dérange », tous les discours sur le réchauffement climatique et tout ce qui a été dit à propos du caractère extrêmement polluant des avions, cela n’empêche aucunement nos concitoyens d’utiliser tant et plus l’avion à des fins touristiques (avec pour corollaire, les extensions d’aéroports) :
3 ans d’implantation et de développement de la SV en Wallonie et à Bruxelles non plus…
La course effrénée dans la quête et l’exploitation des ressources naturelles, en particulier les énergies fossiles, nous conduit au constat attendu, mais aux conséquences non moins redoutables et dramatiques, des limites de notre biosphère (voir à ce sujet l'
article récent d’Alain Adriaens sur le site d’Etopia) : l’atteinte probable du pic de production du pétrole, dit «
peak oil », d’ici 2012 (ou quelques années plus tard, voire dès aujourd’hui…) devrait
rapidement entraîner une élévation du coût de la vie touchant frontalement les pays
industrialisés occidentaux (contrairement aux effets du réchauffement climatique en eux-mêmes !) en n’épargnant que la frange la plus aisée de ses populations. Ainsi, la brusque limitation de l’accès à une ressource aussi concentrée en énergie que le pétrole devrait mener à une récession économique et à une flambée des prix ; les énergies renouvelables, quand bien même les infrastructures associées seraient en place, sont beaucoup trop diluées que pour prétendre maintenir les niveaux de production actuels et éviter les pénuries susceptibles de frapper les populations occidentales de plein fouet.
Si une baisse drastique de la consommation de ces populations est éminemment souhaitable, c’est donc beaucoup plus le chaos et la panique consécutifs à une brutale mise en situation de fait accompli de celles-ci,
non préparées à une telle baisse contrainte par une récession avec inflation, qui sont à redouter.
Nous pouvons d’ailleurs, pour qui veut bien ouvrir les yeux, déjà en constater certaines prémices en ce qui concerne l’accès aux ressources énergétiques : vols anarchiques (pour l’instant encore très disparates et isolés) de bois mort dans les forêts ; arbres en bordure d’une route proche d’une commune, encore bien en vie, sciés sauvagement de nuit ; braquages de camions-citernes et vidanges de citernes à mazout d’écoles et de particuliers ; … ; sans compter les vols de métaux devenant de plus en plus précieux.
Bien entendu, il y a encore, sans être le moins du monde exhaustif, les tensions et conflits, aggravés par la poursuite de la croissance démographique, qui émergeront ici et là - pour ne pas dire partout - de l’accès de plus en plus limité aux ressources (eau ; énergie ; nourriture) et ce, à tous les niveaux : interindividuel, local, international et mondial.
Justification écolo à s’écarter de la SV orthodoxe
[
Justification écologique à s’écarter de l’orthodoxie de la SV]
1er niveau de justification :
Suite à ce rappel, la résolution du dilemme évoqué peut être abordée par le constat suivant : le fait qu’intuitivement, il semble assez évident que
l’effort individuel « Ei » à fournir pour baisser d’une unité « u » son empreinte écologique « e » (u= ¼ Terre, p.ex., avec la notation « 1 Terre » =1,8 ha),
exprimé en fonction de « e », produit une courbe « Ei=f(e) » qui est fortement décroissante : plus l’empreinte « e » est élevée, plus il est aisé de l’abaisser (« Ei » faible).
Ainsi, pour fixer les idées, chez une personne qui serait déjà loin dans la démarche de SV (ayant dès lors déjà un « e » faible), passer de « e » à « e-u » (en adoptant une série de nouveaux comportements du type « substitution du dentifrice classique par l’utilisation de plantes locales ») devient extrêmement difficile (l’effort « Ei » correspondant est très élevé), voire impossible, parce que le gain écologique associé à ce type de comportement est très faible.
A l’inverse, il suffirait à un Belge moyen (dont le « e » =3 Terre) de faire détruire sa vieille voiture contre un vélo en échange (ou encore d’arrêter de voyager en avion) pour réduire son « e » de manière appréciable en un seul coup (sans pour autant suffire à passer sous le seuil critique « S = 1 Terre », bien entendu).
Ce simple constat me permet d’affirmer que
la recherche d’un cheminement poussé dans la SV ne se justifie que peu d’un point de vue environnemental, alors qu’elle peut continuer de l’être sur le plan spirituel ; ce qui n’en est pas moins louable et respectable pour autant.
Il résulte de tout cela qu’il serait beaucoup plus profitable à la collectivité, sur le plan environnemental, qu’un maximum de personnes au sein de la population puissent
véritablement entamer la démarche ou
débuter une pratique d’éco-consommation, plutôt qu’une minorité d’individus adoptent une pratique fouillée de la SV leur permettant par exemple chacun d’avoir un « e » = ½ Terre.
D’ailleurs, le devoir ou l’obligation morale d’équité de chaque Occidental ou personne occidentalisée, en matière environnementale, n’est-il pas de faire l’impossible pour atteindre (ou plutôt passer légèrement sous) le seuil de « 1 Terre » (c.-à-d. 1,8 ha) ; non pas d’avoir une empreinte qui soit encore plus légère ?
Qui plus est, selon Serge Latouche (dans «
Le pari de la décroissance »), une empreinte écologique de 1 Terre correspond au mode de vie des Français
en 1960 (pas en 1800 ni même en 1900…) !
Un tel objectif semble dès lors tout à fait accessible à une majorité de personnes de bonne volonté.
Déjà à ce stade de la réflexion, toute la logique associée à la recherche de discrétion (absence de volonté de convaincre) et d’amélioration individuelle indéfinie, souhaitée par une SV orthodoxe, me semble battre sérieusement de l’aile sur le plan écologique.
2nd niveau de justification :
Maintenant, l’obtention même de ce nombre maximum de citoyens écologiquement responsables nécessite-t-elle prioritairement :
- l’existence de quelques adeptes avancés de la SV, dont le seul rayonnement suffirait à enclencher cette dynamique de citoyens nouvellement impliqués dans des attitudes réellement plus écologiques ;
- ou bien, au contraire, le concours de personnes (« sensibilisateurs ») qui se chargeraient d’expliquer sans détours l’urgence de la situation et en quoi de telles attitudes doivent être adoptées dès maintenant ? Les arguments de ces sensibilisateurs ne se limiteraient pas à la seule logique de la nécessité écologique, mais reprendraient aussi tous ceux qui tournent autour de l’apport spirituel que confère l’adoption de ces attitudes, propre à la démarche de la SV.
Pour ma part, je suis intimement convaincu que c’est la 2nde option qui doit être privilégiée.
1ère option :
Rôle prépondérant de quelques adeptes « rayonnants » de la SV
Non pas que la pratique poussée d’un certain nombre d’adhérents de la SV ne permette pas d’enclencher par rayonnement une certaine dynamique et une certaine amplification du nombre de citoyens écologiquement responsables, mais, de par le côté si discret de cette pratique, cette dynamique et cette amplification resteraient à mon sens beaucoup trop lentes relativement à la brièveté des échéances qui nous attendent et qui ont été rappelées. A noter, à cet égard, que la pratique d’un Jésus, que l’on rapproche parfois à juste titre de celle de la SV, me paraît cependant s’en distinguer fondamentalement par le fait qu’il était tout sauf discret et tenait un discours clairement incitatif d’un changement d’attitude en s’adressant directement et frontalement à la population.
En d’autres termes, l’apport de la pratique orthodoxe (= restant discrète) de la SV est utile en tant qu’amorce ou contribution à la dynamique, mais me semble tout à fait insuffisante (l’exemple du succès des voyages en avion est éloquent) et très dangereuse que l’on s’en contente en ne tablant que sur elle. Le danger est effectivement qu’une part beaucoup trop importante de la population, non encore « illuminée » par le rayonnement ou insensible à celui-ci, ne soit tout simplement pas du tout préparée aux brutales restrictions de toute sorte (récession inflationniste) qu’imposerait la survenue de l’une ou l’autre contrainte environnementale ; une telle contrainte en situation d’impréparation étant le ferment idéal à une démultiplication des peurs individuelles, donc des comportements d’agressivité en tous genres, menant à un sentiment de panique généralisé où seule la part la plus vile de chacun d’entre nous sera sollicitée. J’en ai déjà rappelé certaines prémices actuellement observables, alors que nous ne sommes qu’au tout début de la montée des prix. Demain, il me semble tout à fait plausible qu’une brusque élévation du coût de la vie puisse mener de plus en plus de gens paniqués à piller les potagers de particuliers ou les cultures maraîchères d’agriculteurs locaux, par exemple.
Autant dire que je ne crois pas du tout en l’émergence du « cercle vertueux » évoqué au sein d’une population
contrainte brusquement au changement des comportements par les effets directs des limites de la biosphère et qui n’avait
pas été préparée à cela : il n’y a, à mon sens, pas situation pire et plus incontrôlable que celle d’une population en proie à la panique, toute bercée encore des illusions technologiques distillées par les promoteurs en tous genres (politiques ; pouvoirs publics ; associations environnementales) du conte de fée « Développement durable ».
Je n’ai encore, à ce jour, jamais constaté ou découvert des cas d’emballement collectif plus ou moins
spontané qui soient de nature « vertueuse » au sein de populations ; la motivation de base de ces emballements étant systématiquement la peur qui, par définition, est extrêmement contagieuse : actes de déprédation d’une population paniquée, venant d’être évoqués, conflits et massacres en tous genres (peur d’anéantissement) ; marche blanche (peur d’un manque de sécurité pour ses propres enfants) et même les phénomènes de mode (peur de ne pas se conformer aux diktats socioculturels vomis par le système).
2nde option :
Rôle prépondérant de « sensibilisateurs » ouverts/adhérents à la SV
En revanche, l’option des sensibilisateurs gagnerait en visibilité, donc en potentialités amplificatrices, et, pour peu qu’ils soient eux-mêmes adhérents de la SV, ils pourraient paraître aussi crédibles et convaincants que les adhérents orthodoxes.
Le côté « moins pur » de cette forme de prosélytisme plus affiché pourrait cependant nuire à l’efficacité de la dynamique. Cela me semble effectivement constituer un risque, mais dont l’ampleur dépendrait directement de la qualité même des orateurs (sensibilisateurs) : il faut et, à mon estime, il suffirait qu’ils aient la capacité de faire comprendre aux citoyens pourquoi, dans le contexte si exceptionnel d’urgence qui est le nôtre, ils ne peuvent faire l’économie d’un certain prosélytisme.
De plus, ce risque est-il comparable à celui que fait prendre l’attitude attentiste et insouciante (« vieux sage ») associée à une pratique orthodoxe de la SV ?
Je crois effectivement que ne pas pratiquer la langue de bois et dire les choses telles qu’elles sont favoriseraient la compréhension de la population… compréhension propice à l’action et/ou à l’acceptation de prise de décisions politiques beaucoup plus musclées et concrètes qui soient à la faveur de la nature et de l’environnement, et au bénéfice de tous.
Je ne vois pas d’autre alternative si l’on souhaite une véritable préparation de la population à faire face à ce qui l’attend.
2nde option proposée : Alternative ou rêve éveillé ?
[
Proposition de concrétisation de la 2nde option : Alternative ou rêve éveillé ?]
Il m’est arrivé d’envier les gens qui se retrouvent toutes les semaines à la messe, non pour l’aspect dogmatique de la religion, mais pour la communion des êtres d’une même localité que cela permet.
Dans nos villes où l’individualisme est la norme [dans notre société, il y a comme une conspiration où tout est fait pour isoler les individus les uns des autres et ainsi mieux les maintenir dans le conformisme, et pour empêcher tout risque (pour le système) que leur association leur permette de trouver du sens… et d’agir en conséquence, « éventuellement » à contre-courant en « résistants des temps modernes »],
il m’a toujours semblé cruellement manquer d’un espace où les habitants d’un même quartier puissent éprouver du plaisir à se retrouver dans une démarche spirituelle pour écouter ce qu’autrui a à dire ou pour partager à leur tour… et pour rien d’autre : pas de faux-fuyant ou de prétexte quelconque à justifier la réunion ou à se « distraire » par le medium de la nourriture ou de boissons.
En cela, cet espace serait assez semblable à une église (où l’on y « mange » tout au plus une hostie) ou tout autre lieu de culte, mais s’en distinguerait fondamentalement par une certaine rotation des « orateurs » et l’absence de discours se rapportant à Dieu au profit de tout ce qui se rapporte à la spiritualité, comprise en tant que «
manière dont on conçoit notre relation à la nature ».
C’est dans ce cadre que la 2nde option que je préconise pourrait se concrétiser, puisque la question « Comment se comporter de façon à répondre à l’urgence écologique » et le partage d’expériences qui tentent d’en montrer les voies ou les possibles sont, en ce sens, éminemment spirituels.
La disponibilité hebdomadaire d’un tel lieu aux habitants d’un même quartier (qui, j’en suis convaincu, ressentent autant que moi l’absence criante de spiritualité dans une «
société de la banalisation des transgressions ») me semble constituer le terreau idéal pour amplifier considérablement le nombre de citoyens écologiquement responsables, étant donné qu’il serait ouvert à tous et que des réunions fréquentes augmenteraient les possibilités de changement ou de cheminement individuel, telles des vents de sable effritant progressivement les murailles de l’immobilisme.
Utopie ? Peut-être, mais alors dans le sens d’un
possible qui n’est pas encore réalité.
On peut bien sûr polémiquer sur tout ce que je viens de développer, ainsi que sur ma proposition.
Je conclurai cependant par ce qu’une personne, manifestement avertie, a dit (à peu près) de la situation de l’Humanité, dans l’état actuel et celui probablement à venir de notre planète :
«
Nous avons 3 possibilités : la prévention ; l’adaptation ; la souffrance. Nous connaîtrons certainement un peu des 3… mais plus nous tarderons, plus nous endurerons les 2 dernières propositions ». Par Christian S.
dir
Ce texte invite chaque participant du groupe de pratique de Simplicité Volontaire à poser un engagement personnel. Pour préciser cet engagement, ce texte rappelle l’objectif du groupe de pratique de SV, fixe la durée de l’engagement, précise un certain nombre de règles de fonctionnement lors des réunions et définit une procédure d’entrée et de sortie du groupe.
Ce texte est inspiré des documents proposés par le Réseau Québécois de Simplicité Volontaire RQSV pour la création d’un groupe de pratique de SV.